Financer les scientifiques de demain

LIIS, ELENA ET AMÉLIE, CANADA
Avenir en recherche

Les chercheurs en oncologie sont particulièrement dévoués à la cause du cancer.

La majorité du financement accordé par la Société de recherche sur le cancer aux chercheurs canadiens prend la forme de subventions de recherche, qui permettent à des chercheurs établis en oncologie de bénéficier d’une subvention de deux ans pour poursuivre leurs recherches de pointe. Nous offrons également de nombreuses autres possibilités de financement, comme nos subventions UpCycle, nos projets stratégiques et bien d’autres encore.

Cependant, notre financement qui se démarque le plus est notre Bourse pour la relève scientifique. Seule bourse de ce type au Canada, la Bourse pour la relève scientifique offre aux récipiendaires (des personnes ayant obtenu leur Ph. D.) la possibilité de poursuivre leur travail dans leur laboratoire actuel, tout en mettant sur pied leur propre laboratoire de recherche.

Beaucoup ne s’en rendent pas compte, mais l’obtention d’un doctorat (Ph. D.) est un processus qui peut prendre en tout de 10 à 16 ans. Le tout débute par un diplôme de premier cycle, suivi d’une maîtrise dans laquelle on commence à découvrir une approche plus approfondie des connaissances acquises au premier cycle. L’ensemble du processus aboutit ensuite à l’obtention d’un doctorat. Lorsqu’un candidat au doctorat présente avec succès sa thèse, il obtient son doctorat et devient boursier de recherches postdoctorales.

Les choses se compliquent souvent pour les jeunes chercheurs lorsque vient le temps de quitter leur rôle dans un laboratoire établi pour poursuivre leur projet de recherche en tant que chercheur principal. C’est un moment crucial dans la vie du chercheur qui n’a pas encore les fonds nécessaires pour demander une subvention de recherche, mais qui a besoin de soutien pour s’établir, et c’est exactement ce que fait la bourse pour la relève scientifique.

Liis Uusküla-Reimand, Ph. D., récipiendaire de la bourse pour la relève scientifique 2020

« La bourse pour la relève scientifique est la seule bourse de transition au Canada.

C’est très important, car il est difficile pour les jeunes chercheurs de faire un pas vers la création de leur propre laboratoire et l’obtention d’un financement initial. Dans d’autres pays, il existe des systèmes qui offrent des subventions de transition pour couvrir quelques années de maintien d’un poste dans un laboratoire établi, tout en préparant le terrain vers un laboratoire indépendant. La concurrence pour le financement est forte. Au moment de faire une demande de financement, les jeunes chercheurs sont souvent en compétition avec des laboratoires bien établis qui ont plus de données pour appuyer leurs recherches. Les subventions comme la bourse pour la relève scientifique sont cruciales pour aider les jeunes chercheurs à faire avancer leurs propres programmes de recherche et à devenir des scientifiques plus indépendants.

Sans un financement de transition comme la bourse pour la relève scientifique, il est vraiment difficile d’aller de l’avant. »

Amélie Fradet-Turcotte, Ph. D., récipiendaire de la bourse pour la relève scientifique 2014

« Lorsque vous êtes postdoctorant dans un laboratoire établi, vous êtes aux premières lignes de la science et vous avez accès à ce qui se fait de mieux en matière de technologie, de matériel, en plus d’avoir de l’aide de personnes hautement qualifiées et compétentes. Quand vient le moment d’ouvrir son propre laboratoire, on se retrouve avec un budget minimal qu’il faut investir dans le matériel et les employés. Au lieu de travailler avec un grand nombre de personnes hautement qualifiées, vous travaillez souvent avec des étudiants qui sont en train d’apprendre les bases.

Une autre façon de voir les choses est de dire que c’est comme travailler avec quelqu’un qui sait à peine comment faire cuire un œuf quand vous faites un gâteau de mariage à trois étages.

La bourse pour la relève scientifique est un excellent moyen d’embaucher un assistant plus expérimenté qui pourra apporter un soutien et une formation indispensables aux nouveaux étudiants et employés qui viendront ensuite. »

La plupart des chercheurs en oncologie s’orientent vers leur domaine d’étude parce qu’ils sont passionnés par la biologie fondamentale et désirent comprendre le fonctionnement des choses et les raisons pour lesquelles des éléments comme la génétique ont un effet sur notre corps. Ils ont un réel désir de rendre le monde meilleur en trouvant des réponses et en fournissant des connaissances qui enrichissent la base de connaissances de nos sociétés.

Tout comme leurs prédécesseurs, les scientifiques d’aujourd’hui découvrent des éléments susceptibles de créer des changements significatifs à court et à moyen terme.

Elena Kuzmin, Ph. D., récipiendaire de la bourse pour la relève scientifique 2020

« Il est important de laisser une empreinte dans notre vie et de faire quelque chose qui compte. En tant que chercheurs, je crois que le travail que nous faisons contribuera inévitablement à traiter et à guérir les maladies aujourd’hui et dans les décennies à venir. Ce que les gens oublient, c’est que la recherche et nos connaissances sont graduelles. Tout ce que nous savons maintenant a été construit sur la base de recherches antérieures. Il existe une masse critique de connaissances qui finit par se combiner et permet d’accélérer les progrès scientifiques et technologiques.

Chaque doctorat dure de cinq à sept ans. Cela représente un projet et une question alors imaginez le temps qu’il faut pour avoir appris tout ce que nous savons aujourd’hui. »

Depuis sa création en 1945, la Société a financé des milliers de chercheurs et a contribué à de nombreux départements de recherche en oncologie, à des projets et à des opportunités éducatives.

Rosemonde Mandeville-Sayeh  a été l’une des premières femmes à recevoir une subvention de la Société en 1982, peu après sa nomination comme professeure en immunologie à l’Institut Armand-Frappier de l’Université du Québec. La subvention l’a aidée à publier 10 articles scientifiques et à mettre au point un outil de diagnostic pour détecter les métastases précoces des ganglions lymphatiques chez les patients atteints d’un cancer du sein. Grâce à ce financement initial, Rosemonde a publié plus de 185 articles tout au long de sa carrière et a supervisé 80 projets de thèse de doctorat.

L’investissement dans la recherche ne concerne pas seulement le présent, mais aussi l’avenir et ce qu’il réserve.

Pour la Société de recherche sur le cancer et notre partenaire de longue date, BMO, il est impératif de veiller à ce que chacun ait des chances égales. Cela est particulièrement vrai pour les secteurs STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques), des domaines historiquement dominés par les hommes.

Elena Kuzmin, Ph. D.

« Nous sommes définitivement dans la bonne direction.

Des efforts sont actuellement menés pour permettre aux femmes de réussir et leur offrir des possibilités qui les encourageront à poursuivre des recherches significatives. Quand on regarde les postdocs, il y a une répartition à peu près égale entre les hommes et les femmes. C’est par la suite que nous constatons toujours une pénurie de femmes dans les postes à responsabilités. Il est donc important de se demander pourquoi.

Pendant de nombreuses années, il n’y avait pas de modèles ni d’occasions pour les femmes de voir d’autres femmes à des postes de pouvoir. Nombreuses sont celles qui ont cette crainte de faire tout cela pour rien, car elles ne voient pas cette représentation autour d’elles à un niveau supérieur. »

Pour les femmes, jeunes et moins jeunes, voir plus de femmes dans des postes à responsabilités  peut les inspirer à poursuivre leurs études ou à faire carrière dans la recherche sur le cancer. Renforcer l’autonomie des femmes et leur donner plus de visibilité peut avoir un impact énorme lorsqu’il est combiné à l’octroi d’un financement de transition tel que la bourse pour la relève scientifique.

Liis Uusküla-Reimand, Ph. D.

« La moitié du monde est constituée de femmes. Pourquoi alors ne pas aider cette population à atteindre tout son potentiel ? Les femmes apportent des forces et des points de vue différents. De nombreuses découvertes scientifiques importantes ont été faites par des femmes, même si elles n’ont pas toujours été reconnues pour leurs contributions.

Il est essentiel d’inclure les pionnières qui nous ont précédées dans le débat plus large sur la science et la recherche sur le cancer et aussi, de se rendre compte que nous sommes les pionnières d’aujourd’hui. »

La recherche est importante, car elle nous fournit les éléments de base qui rendent possibles toutes les avancées technologiques et médicales d’aujourd’hui. Tout comme notre fondatrice Betty Caplan l’a fait en 1945, la Société considère que déjouer le cancer passe par la recherche menée par la prochaine génération de scientifiques comme Amélie, Liis et Elena.

Si vous pensez également que la clé d’un avenir sain et heureux pour tous et toutes se trouve dans la recherche, pensez à faire un don aujourd’hui.

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