Déjouer le cancer grâce à la prévention

Reginald Godin, Brossard
herosducancer

En tant que conseiller du département des dons majeurs et planifiés de la Société de recherche sur le cancer, Réginald Godin en sait beaucoup sur le cancer. Chaque jour, il échange avec certains de nos plus généreux donateurs qui ont été touchés par le cancer ou qui ont perdu des êtres chers à cause de la maladie.

Son expérience avec le cancer n’est pas uniquement professionnelle, elle est aussi personnelle.

En 1992, il a commencé à ressentir une douleur dans la poitrine et il a reçu de multiples traitements, mais en vain. Il a finalement consulté un spécialiste qui lui a fait passer une mammographie.

« Je n’ai jamais pensé que cela pouvait être un cancer du sein. Ma grand-mère a subi une double mastectomie à la fin des années 50 et son médecin l’a averti que ses petits-enfants pouvaient être à risque. À l’époque, ils croyaient encore que le cancer sautait une génération. De ses 19 petits-enfants, j’étais le seul à en être atteint et j’étais un homme. C’était tellement inattendu ».

La mammographie a révélé des anomalies dans ses deux seins. Selon son médecin, il avait 95 % de se retrouver avec un cancer du sein avant l’âge de 50 ans. Une lumpectomie préventive lui a donc été suggérée. 

« Je n’arrêtais pas de repousser l’opération parce que j’avais peur. Je travaillais beaucoup à l’époque et je mettais le travail avant la santé. Quand l’hôpital m’a appelé pour me dire que si je ne le faisais pas avant mes 40 ans, on allait devoir refaire toute une série d’examens, je me suis enfin décidé ». 

Du moment où il a reçu les premiers traitements, en passant par le diagnostic officiel, trois ans se sont écoulés avant que Réginald soit opéré. Il n’a pas peur d’avouer que le fait d’être un homme à risque de développer un cancer typiquement féminin a rendu les choses plus difficiles. 

« Il y avait beaucoup de commérages dans la salle d’attente des mammographies. Beaucoup de femmes se plaignaient que c’était un autre problème que les hommes n’auraient jamais à affronter ou à comprendre. Je ne pouvais pas m’empêcher d’en rire, vu ma situation. Lorsqu’elles m’ont demandé pourquoi je riais, elles sont restées bouche bée d’apprendre que j’attendais aussi une mammographie ».

Malgré le fait que les hommes ne représentent que 1% des patients atteints du cancer du sein, le taux de mortalité est souvent beaucoup plus élevé. Réginald pense que le tabou entourant ce diagnostic et le mythe de la masculinité sont des facteurs, car les cas sont souvent repérés plus tardivement. 

« Les gens sont souvent mal à l’aise quand j’en parle, mais je veux que les hommes sachent qu’ils sont aussi à risque du cancer du sein. Les hommes n’y croient pas et ont du mal à comprendre et à accepter qu’eux aussi ont des seins et du tissu mammaire. C’est quelque chose d’encore trop tabou ».

Réginald a réussi à déjouer le cancer grâce à la prévention rendue possible par la recherche. S’il avait été le premier homme à recevoir un diagnostic du cancer du sein, le résultat n’aurait pas été le même. La recherche a permis à son médecin de prendre conscience que le cancer du sein peut aussi toucher les hommes. 

« La recherche est une raison de vivre. Chaque jour, c’est la survie de la population et c’est notre survie. Sans la recherche, nous ne pouvons pas avancer et moi, je veux vivre en bonne santé jusqu’à ma mort. C’est quelque chose que nous pouvons réaliser grâce à la recherche. La recherche donne l’espoir et si nous ne nous en préoccupons pas assez, nous risquons de passer à côté de quelque chose d’essentiel à notre survie ». 

Pour lui, être un héros du cancer jour après jour, c’est prendre le temps d’écouter son corps et d’écouter les experts autour de lui. 

« Maintenant, plus que jamais, il est important de prendre le temps de faire une pause. Nous devons tous être à l’écoute des besoins de notre corps, surtout pour ceux qui travaillent à la maison. Écoutez vos médecins. Si vous avez une semaine de congé, prenez-la. Nous devons faire confiance à la recherche et à l’importance du corps médical dans son ensemble, à ceux qui sont en première ligne tout autant qu’à ceux qui font de la recherche ».

Soutenir la recherche sur le cancer avec un don mensuel de 5 $ peut avoir un impact énorme sur l’avenir de quelqu’un. La recherche est le seul moyen de faire progresser la détection, la prévention et le traitement de tous les types de cancer. 

« Il est important de collecter des fonds pour tous les types de cancer. Ces causes doivent se poursuivre. Mon plus grand souhait serait de perdre mon emploi l’année prochaine, car le cancer n’existe plus et que je n’ai plus à traiter les dons. Si cela arrivait, je passerais à une autre maladie et je recommencerais le tout, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à déjouer ». 

Si, comme Réginald, vous croyez au pouvoir des héros du cancer au quotidien, faites un don aujourd’hui.

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